• le 17 septembre au Mémorial de
    l’Internément et de la déportation
    Camp de Royallieu (Compiègne) à 15h00


Sur le fil barbelé de la vie, Louis (simple d’esprit) entraîne Jacques (grand esprit) dans son quotidien : explorer le camp, manger, faire le ménage, aménager un territoire pour dormir ...
Tous ses activités ordinaires finissent par prendre le dessus et permettent à Jacques d’oublier le camp de concentration et de se concentrer à vivre
Le monde commence aujourd’hui !

Dans « Le Monde Commence Aujourd’hui », Jacques Lusseyran propose de parler de Buchenwald, sans « parler » de Buchenwald, c’est-à-dire sans insister sur les horreurs de la déportation. L’objectif fut donc de suivre Jacques Lusseyran et d’appliquer sa manière à notre projet. Parler de sa philosophie de vie sans philosopher.

L’adaptation de la pensée philosophique de Jacques Lusseyran, en langage théâtral, a commencé avec la récolte de mots, de bouts de phrase, de morceaux de situation. C’était d’abord, glaner des bribes de matière, des goûts, des couleurs… Une fois constituées les listes, il était temps d’activer parallèlement, deux phases d’écriture dramatique : celle du texte et celle de la « mise » en scène. L’élaboration de ces listes permit de sélectionner un certain nombre d’objet, mis à disposition sur scène pour la comédienne, objets qui servirent à improviser, en faisant abstraction du texte, qui se construisait parallèlement : écrire sans penser à la mise en scène, improviser sans penser à l’écriture ni même aux thèmes contenus dans l’œuvre de Jacques Lusseyran.

A l’issue de ces manipulations parallèles d’objets et de mots, des situations et des « images » parfois symboliques apparurent. Dans un processus à demi conscient, à demi-inconscient, par imprégnation, le texte et le travail d’improvisation commencèrent à se rencontrer. L’objectif n’était pas de préconcevoir une mise en scène ou un texte mais bien de les faire apparaître petit à petit, car il s’agit bien d’apparition de la création. La prise de conscience ou la confirmation de la pertinence d’une décision de mise en scène ou de l’écriture d’un dialogue fut donc souvent tardive. Il fallait que cela s’impose.

Benoît Gontier (Metteur en Scène)

à vos remarques