En réalité, je sentais, d’une façon très forte, que Louis, malgré l’évidence des dates, n’était pas venu au camp dans le même temps que moi. Lui, il avait l’habitude, cela remontait à son enfance peut-être. C’était sa terre à lui, le malheur. Sûrement, c’était sa terre même, et il n’en était pas dégoûté. Il était fier, au contraire, d’être dans un camp de concentration, à Buchenwald.

Notre adaptation : Buchenwald, concentrons-nous !

Louis : Million de mille milliards ! Louis a fait beaucoup de kilomètre pour en arriver ici ! C’est trop loin d’ici à Anjou ! Louis peut plus revenir d’ici ! Louis doit rester ici, avec les gens bien. Louis bien ici. Million de mille milliards ! Beaucoup de kilomètre dans la vie de Louis…

Jacques : Et dans la vie de Jacques combien de kilomètre au compteur ? Les routes du collège, les rues du lycée, les avenues de l’université, les boulevards des grandes écoles et puis stop la guerre… Les sentiers du maquis, les souterrains de la résistance, les égouts de la clandestinité et puis stop un mouchard… Les couloirs de la gestapo, les coursives de la prison de Fresnes, les rails du chemin de fer et puis stop, Buchenwald, tout le monde descend !! Tous ces kilomètres au compteur ! Tous ces kilomètres pour arriver ici ! Tout ça pour en arriver là ! Pourquoi ?

à vos remarques