Les fous ne s’y trompaient pas ils savaient que tout ce qui leur viendrait de « la jambe de bois » (Louis) serait bon. Ils nous rendaient donc de continuelles visites. Car ce bloc d’invalides, notre demeure, était devenu, par la volonté des S. S., la poubelle du camp on y jetait pêle-mêle les unijambistes, les manchots, les culs-de-jatte (j’en fréquentai trois), les paralysés, les asthéniques, les fous.

Notre adaptation : Buchenwald, concentrons-nous !

Jacques : Merci, je peux m’asseoir ?
Louis : Si tu veux t’asseoir, faut pousser, dans le bloc des invalides faut pousser, on est très très très nombreux
Jacques : Oui, je sais, mille cinq cents hommes au lieu de 300 dans les autres blocs…
Louis : Faut pousser !
Jacques : Mais non Louis, faut pas pousser, je vais t’expliquer pourquoi, concentres-toi. Dans le bloc des invalides, ce ne sont que manchots, unijambistes et culs-de-jatte, donc faut pas pousser car ça prend…concentres-toi Louis, faut pas pousser car ça prend…
Louis : …
Jacques : …moins de place ! Et si nous les aveugles, les sourds-muets, les tuberculeux, les syphilitiques, les trépanés, les fous, si nous on a les rations spécialement divisées par deux, c’est a fortiori pour nous aider à prendre… c’est pour nous aider à prendre…
Louis : …moins de place !
Jacques : Bravo Louis, t’as tout compris. Alors faut pas pousser !
Louis : Si faut pousser ! T’es aveugle toi tu comprends rien !

à vos remarques